Richard Yung, Senateur des Francais du monde
 
 
 
 
   
   
   
"Carthago non delenda est" (d’après Caton l’ancien) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Richard Yung   
Mercredi, 26 Octobre 2011

Je ne dirai rien pour le moment sur la crise économique européenne, en attendant les résultats du conseil européen. Par contre un mot de la Tunisie.

Queue pour le vote en TunisieLes cris d’orfraie qui accueillent les premiers résultats sont détestables. Nous nous sommes félicités de ce mouvement historique qui a permis au peuple tunisien, dans un mouvement sincère, démocratique de renverser la dictature mercantile du clan familial Ben Ali. Avec sagesse, les Tunisiens organisent 6 mois après, l’élection d’une Constituante chargée d’élaborer une nouvelle constitution dans un délai d’un an, le gouvernement provisoire restant en place. Et le résultat ne nous convient pas car le parti Ennahda obtient une presque majorité (40% semble-t-il) et que ce parti prône une société dirigée par l’islam.

Évidemment, ce n’est pas la laïcité, version instituteur IIIème République. Mais faut il rejeter ce qui est l’expression d’un vote libre : les Tunisiens ont voulu placer cette conception religieuse et culturelle au centre de leur nouvelle société. Plus encore, les Tunisiens d’Europe ont voté encore plus pour Ennahda : c’est en soi édifiant. C’est l’expression d’une droite réactionnaire, craintive, peu ouverte sur le monde, pas très différente de l’UDC suisse, du FN français, des réactionnaires de tous poils aux États-Unis.

Nous voulions sans doute qu’ils élisent un pari social démocrate raisonnable, style suédois ? Les partis de gauche laïque (le CPR de Moncef Marzouki, Ettakatol de Mustapha Ben Jaafar), qui se partagent l’autre moitié des voix, n’ont pas su s’unir, présenter un front et des propositions communes : c’est trop tard pour le regretter. Nous devons jouer le jeu, les accepter comme ils sont et si possible, les aider à évoluer par des relations économiques et culturelles beaucoup plus fortes qu’aujourd’hui.

Un mot qui n’a rien à voir : ce Max Gallo m’insupporte. Je l’entends déclamer à la radio, sur un ton pompeux, amphigourique, les hauts faits de l’histoire de France : Jeanne d’Arc, Napoléon, de Gaulle, parfois Churchill pour faire bon poids. Comment peut-ont vivre comme cela de la gloire d’autrui en écrivant des pensums ennuyeux et plats alors que lui même a trahi toutes ses convictions en passant de Chevènement à la droite catholique ?!

 

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Commentaires  

 
#1 Philippe Moreau 08-11-2011 09:15
Tout à fait d'accord: vouloir la démocratie, c'est la vouloir jusqu'au bout, sans exclusive, et en accepter les conséquences, même si elles ne nous conviennent pas. Quant à Max Gallo, et oui, il fait partie de ces gens insupportables ne pouvant se passer de l'ivresse des micros, convaincus de leur importance et pénétrés de leur supériorité. Tiens, il y en un autre qui m'insupporte particulièremen t ... BHL ...
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#2 Dr. Amor Ben Dhia 08-11-2011 10:47
Je suis tunisien et francais. J'ai eu la chance de voter pour la premiere fois en Tunisie. C'etait formidable, exaltant et unique. Qu'Ennahdha ait eu une majorite relative ne me derange pas, ainsi va la democratie et le vote du peuple. Je suis plus afflige par la faiblesse et l'amateurisme politique des autres partis. Mais tout le monde va apprendre.
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