| La pénalisation du client, une solution ? |
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| Écrit par Richard Yung |
| Mercredi, 20 Avril 2011 |
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Le débat sur la prostitution est de retour. Il a été relancé par certaines personnalités de droite (Roselyne BACHELOT, Ministre des Solidarités et de la cohésion sociale et Guy GEOFFROY, député UMP) et de gauche (Benoît Hamon dans son texte sur l’Égalité réelle et Danièle BOUSQUET, députée PS). Ils s’accordent à dire que la pénalisation du client va permettre de mettre fin au système prostitueur. C’est aussi la position majoritaire exprimée par le Bureau national du PS.
Cependant, je m’inscris en faux contre cette mesure de la pénalisation du client car c’est d’abord oublier les prostitué-e-s. Pourtant ils/elles seront les premiers concernés ! En effet, si cette mesure vise principalement le client, elle les touchera également et les conséquences sont pour eux/elles beaucoup plus lourdes. Dans le pire des cas, le client sera contraint de payer une amende, voire condamné à une peine de prison avec sursis. Les prostitué-e-s quant à eux/elles vont faire face à une précarisation de leurs conditions de travail et de vie. Ils/elles seront soumis à une augmentation du non-paiement des passes, donc des viols, accompagnés d’actes violents. Réduits à la clandestinité, les prostitué-e-s n’auront plus le temps de choisir leur client, de négocier le port du préservatif et sont ainsi progressivement isolés. Mais la grande difficulté pour eux/elles de changer de métier, fait qu’ils/elles ils n’arrêteront pas pour autant de se prostituer. Cette mesure sera alors inefficace. C’est cet oubli flagrant – voire cette ignorance – des craintes et revendications légitimes des prostitués qui est le plus choquant dans cette mesure. Les prostitué-e-s ne sont pas toujours des victimes naïves qu’il faudrait protéger d’elles-mêmes. Certain-e-s sont aujourd’hui, et cela depuis des années, organisés. J’ai rencontré beaucoup de membres du STRASS (Syndicat du travail sexuel). Loin de l’image sordide dépeinte par les partisans de la pénalisation, ces prostitué-e-s revendiquent des droits et font des propositions politiques argumentées :
Je pense donc qu’il faut soutenir les personnes au cœur de ce système : les prostitués et refuser la pénalisation du client qui les précarisera. C’est un débat difficile mais l’occasion est bonne pour le faire avancer. Le Parti socialiste a une responsabilité particulière en matière de progrès des mœurs et de la société, nous devons l’assumer. |
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Ne partageant pas ce point de vue, je souhaite à mon tour donner ma position. Je partage le constat quasi-unanime : la prostitution est une des expressions les plus brutales de la domination masculine, en particulier par le rôle des souteneurs, mais également une des manifestations les plus extrêmes des rapports économiques et sociaux. On sait ainsi qu’elle représente une manière de gagner beaucoup d’argent, rapidement.
Commentaires
entièrement d'accord avec toi.
La prostitution a une origine économique lorsqu'elle est sous contrainte et c'est la misère qui la provoque.
Pour ce qui est de la prostitution "de luxe", c'est un choix et chacune et libre de son corps s'il n'y a pas de violences ni de contraintes. La liberté pour les femmes, c'est aussi de faire des choix sans entrave et d'être respectées et non pénalisées.
Merci pour ta prise de position à contre-courant et ton analyse.
bien à toi
Marceau
Reste à déterminer le taux: produit de première nécessité ou taux à 33,33%?
Amicalement
Marlène
tva étant réglée par le consommateur final.
Cette loi inévitable est pour autant illégale par définition. Même tarifée une relation consentie entre adultes ne peut être condamnable. Sinon, il faut jeter en prison tous les gens aisés qui couvrent de cadeaux, à des âges canoniques, des jeunes femmes "amoureuses".
La future loi dénie le choix délibéré et donc les libertés fondamentales. Elle est anticonstitutio nnelle et frappe au cœur des bases fondamentales du droit.
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