Richard Yung, Senateur des Francais du monde
 
 
 
 
   
   
   
Crise financière au Portugal, prix de l’électricité en France : l’Europe dont nous ne voulons pas PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Richard Yung   
Samedi, 26 Mars 2011

Au Portugal, l’Europe fait face à une situation paradoxale. Un premier ministre, José Socrates, qui a présenté en fin de semaine un 4ème plan d’austérité à son parlement. Celui-ci sous l’action de la droite l’a rejeté. Le gouvernement social-démocrate de M. Socrates est donc démissionnaire.

Jose Socrates PortugalEn même temps, la pression des marchés, la crainte d’une dégradation de la situation des banques espagnoles, lourdement engagées envers le Portugal, pousse Bruxelles à proposer un plan de sauvetage financier au Portugal. Mais M. Socrates refuse, car il considère que ses propositions permettent de faire face aux déficits publics sans avoir à passer sous les fourches caudines de Bruxelles et du FMI.

Comme il y aura de nouvelles élections générales et qu’un nouveau gouvernement ne sera formé au mieux que mi-juin, que va t il se passer ? M. Socrates a sans doute raison de refuser les plans que les gouvernements de droite qui sont majoritaires en Europe veulent lui imposer au nom de la pensée unique économique et du dogme de la vertu allemande. Il a mené une politique sévère d’assainissement des finances publiques. Que faut-il de plus ? Tuer le cheval pour satisfaire les gnomes de Zurich ?

M. Socrates est plus à même de juger ce que le peuple portugais peut accepter comme sacrifices en termes de pouvoir d’achat et de fiscalité. Ce qu’il faut au Portugal, c’est retrouver 3 à 4% de croissance, la création de dizaines de milliers d’emplois. C’est ainsi qu’il pourra réduire ses différents déficits et rembourser sa dette souveraine. Ce n’est décidemment pas cette Europe là que nous voulons.

La même Europe qui cherche à imposer à la France une politique des prix de l’énergie qui marche sur la tête. Au nom de la libre concurrence, elle veut obliger EDF à vendre son électricité à ses soi disant « concurrents », en fait des sociétés intermédiaires qui n’investissent pas ni ne produisent mais qui prennent des marges pour la revente et permettent aux financiers de s’enrichir. Et cela à un prix plus élevé que le prix actuel.

Le tarif français est, grâce au nucléaire, de 25% inférieur au prix moyen au Europe. L’idée de Bruxelles est donc que la France augmente ses tarifs de 5 à 6% par an pendant les 5 prochaines années pour rejoindre la moyenne européenne. Cela permettra à beaucoup d’acteurs du marché de se remplir les poches inutilement. Voilà donc un autre exemple où la concurrence aboutit à une augmentation plus forte des tarifs payés par le consommateur, où les intermédiaires inutiles s’engraissent sur notre dos, et où Bruxelles, devenu le chantre de l’ultra libéralisme, joue le vilain rôle. Non, l’Europe, notre Europe, ce n’est pas cela !

 

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Commentaires  

 
#1 Stéphane Menant 27-03-2011 13:27
Cher Richard,

C'est avec une certaine satisfaction que je lis cette critique explicite des directives européennes sur "la libéralisation" des marchés. Je me souviens qu'il y a peu, critiquer, même à gauche(?),ces dispositions, vous faisait suspecter de ringardise, de conservateur ou, suprême injure, de populisme.
Au-delà de l'anecdote, c'est toute la politique énergétique de l'Union Européenne qu'il faudrait enfin considérer dans une ensemble cohérent.
Deux questions s'imposent à moi :
quand empêchera-t-on les lobbyistes (qui représentent des intérêts privés) d'"influencer" les fonctionnaires et les parlementaires (qui sont sensés représenter l'intérêt général...)?
Quand un gouvernement déclarera-t-il ouvertement sa désobéissance à une Directive qui est contraire au mandat qu'il aura reçu du peuple qui l'a élu ?
Il en va de notre démocratie, et de ses bases légales.
Je crois que nous n'avons pas à chercher trop loin les raisons de la désaffection grandissante des citoyens (français et européens) pour tout type d'élections tant ils se sentent dépossédés de leurs droits fondamentaux de citoyens.

A te lire.

Amitiés socialistes.

Stéphane Menant
section de Luxembourg
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