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Déménagement de l’Institut Français du Portugal et recadrage d’un élu par l’AEFE

Comme beaucoup, j’ai été choqué par la lettre envoyée par le directeur des ressources humaines de l’AEFE à Mehdi Benlahcen, professeur certifié au lycée français Charles Lepierre de Lisbonne et par ailleurs conseiller consulaire et AFE. J’ai décidé d’écrire à Matthias Fekl, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger pour lui demander d’intervenir auprès de l’AEFE dans ce dossier.

Vous trouverez ci-dessous le contenu de mon courrier envoyé le 29 avril.

Monsieur le Ministre, cher Matthias,

Vous connaissez certainement le problème auquel est confronté M. Mehdi Benlahcen, professeur certifié au lycée français Charles Lepierre de Lisbonne avec la direction de l’AEFE. M. Benlahcen est par ailleurs conseiller consulaire et AFE représentant les Français établis au Portugal, et l’attitude de l’AEFE à son égard a suscité un grand émoi au sein de la communauté française locale ainsi que parmi l’ensemble des conseillers consulaires et AFE de tous les groupes politiques. L’exercice d’un tel mandat politique, dont la loi prévoit qu’il est compatible avec un poste de fonctionnaire de l’éducation, suppose une liberté de parole qui ne saurait être ainsi restreinte.

M. Benlahcen a en effet reçu une lettre de recadrage en date du 21 avril 2015 signée par le directeur des ressources humaines de l’AEFE l’accusant d’avoir tenu et diffusé des propos jugés diffamatoires et constitutifs d’un manquement à son devoir de réserve. Il lui est en particulier reproché d’avoir critiqué « la politique menée par l’Ambassadeur de France à l’Institut Français du Portugal ». Cette lettre se conclut sur une menace implicite de rupture unilatérale de la mission au Portugal de M. Benlahcen pour le compte de l’AEFE.

Au regard des faits et de la jurisprudence en la matière, cette menace exercée par l’AEFE sur M. Benlahcen est injustifiée et intolérable.

M. Benlahcen n’a à aucun moment tenu personnellement des propos diffamatoires. La simple publication sur son compte Facebook, identifié comme « personnalité politique », d’un article du Canard Enchainé mettant en cause, sur le ton sarcastique propre à la ligne éditoriale du journal, l’action du conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’IFP, M. Azouz Begag, n’est pas de nature à constituer un manquement à son devoir de réserve, d’autant qu’à l’occasion de cette même publication, M. Benlahcen a pris explicitement ses distances avec le « ton » de l’article.

La jurisprudence du Conseil d’État donne en effet tort à l’AEFE au sujet du devoir de réserve que doit observer M. Benlahcen. Le devoir de réserve s’apprécie in concreto. Il ne limite la liberté d’expression des agents publics que dans les cas où ces derniers prennent des positions publiques contre une décision de l’administration dont ils dépendent hiérarchiquement ou qui concerne directement leur activité, ce qui n’est pas le cas ici. Par ailleurs, le devoir de réserve tient compte du niveau hiérarchique de l’agent public : un professeur de lycée dans un pays étranger n’est pas tenu au même devoir de réserve qu’un Ambassadeur. Enfin, le devoir de réserve est largement atténué pour les représentants syndicaux et a fortiori pour les élus de la République, qui sont en droit de défendre une position contraire à l’action de l’administration.

Il ressort de ces éléments que M. Benlahcen, de par sa fonction professionnelle, qui est étrangère au projet de déménagement de l’IFP, et en sa double qualité de citoyen et d’élu consulaire et AFE, était en droit de critiquer ce projet.

En votre qualité de Secrétaire d’État chargé des Français de l’étranger, je suis sûr que vous aurez certainement à cœur de comprendre le point de vue de leurs élus et j’espère que vous voudrez bien intervenir auprès de l’AEFE pour que soient retirés ces propos et ces menaces à l’égard de M. Benlahcen et que de tels comportements ne se reproduisent plus à l’avenir.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.

Amitiés,

Richard YUNG

Commentaires  

 
#1 Tanguy Le Breton 08-05-2015 06:08
Merci Richard pour ton intervention salutaire
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#2 BYROTHEAU 08-05-2015 09:14
Aquoi sert-il donc d'^étre élu si on n'a droit ni à la parole ni à la critique ?
Et si l'administration, la hiérarchie même se mêle d'envoyer des courriers de menaces à ses agents...où s'en va-t-on ? dans quel pays vivons-nous ?
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