| Actualité chargée en droit des étrangers |
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| Écrit par Richard Yung |
| Mercredi, 08 Février 2012 |
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La semaine dernière deux décisions de justice importantes et attendues par tous les défenseurs des droits des étrangers ont été rendues. Alors que tous se réjouissaient de l’arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) du 2 février condamnant la procédure prioritaire d’asile ( I.M. contre France requête n°9152/09), le Conseil Constitutionnel a douché cette joie en déclarant dans une décision du 3 février que la pénalisation du séjour irrégulier en France est conforme à la Constitution (décision n°2001-217 QPC). Condamnation de la procédure prioritaire d’asile par la CEDH65% des premières demandes d’asile déposées en France sont examinées selon une procédure dite « prioritaire », la liste des motifs justifiant l’examen des demandes selon cette procédure ne cesse de s’allonger. Chef de file pour le groupe socialiste sur le projet de loi Besson, j’avais déposé plusieurs amendements tendant à supprimer la procédure prioritaire mais la majorité présidentielle les avait repoussés d’un revers de la main. Je me réjouis donc de cette condamnation de la CEDH qui devrait obliger le Gouvernement à assumer ses obligations en matière d’asile et à rendre de plein droit suspensif les recours devant la CNDA pour tous les demandeurs d’asile. Le Conseil Constitutionnel déclare conforme à la Constitution la pénalisation de l’entrée et du séjour irrégulier en FranceLa question de la légalité de la pénalisation du séjour irrégulier avait suscité de grands espoirs après l’arrêt de la Cour de Justice de l’UE (CJUE) « El Dridi » d’avril 2011. Cette décision (portant sur la législation italienne) semblait remettre en cause la conformité de la pénalisation du séjour irrégulier au droit communautaire et plus particulièrement à la directive « Retour » (2008/115). La directive dispose que la mesure d’éloignement doit être exécutée le plus rapidement possible et que donc une peine de prison contrevient à cet objectif. Pour conclure, il est bon de rappeler que les sans-papiers ne sont pas des délinquants et que les demandeurs d’asile ne sont pas des fraudeurs ! L’obsession de la lutte contre l’immigration et la politique du chiffre font oublier au Gouvernement que certaines mesures et certaines pratiques ne sont pas à la hauteur de la civilisation des droits de l’homme (n’en déplaise à M. Guéant). |
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