Nous sommes réunis pour toute la semaine à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) dans les beaux et nouveaux locaux du Centre de Conférence du ministère des affaires étrangères, rue de la Convention. C’est l’ancienne Imprimerie nationale, immeuble industriel en briques rouges caractéristique du 19ème siècle qui a été relookée – à grands coûts – pour y abriter l’essentiel des personnels du Quai d’Orsay.

logoAFETravail sérieux  en commissions sur les dossiers de l’école, de la fiscalité, de l’état-civil, de la sécurité, ... Beaucoup des idées que nous défendons pour améliorer la vie de nos compatriotes à l’étranger viennent de là, nourris par l’expérience de terrain des conseillers élus qui, dans leurs pays respectifs, font le même travail que nos maires et conseillers généraux. Et pourtant il y a un malaise qui vient du peu de considération dont bénéficie l’AFE du pouvoir politique et de l’administration. Cette assemblée devrait être consultée sur toutes les questions importantes intéressant les Français de l’étranger. En pratique, ce n’est jamais le cas. Ses avis, qu’on appelle joliment « des vœux » tombent dans un silence poli ou font l’objet des réponses standards de l’administration. Il est vrai que la concertation, ce n’est pas la culture du Quai d’Orsay et que nos grands diplomates, « les brahmanes » dans l’argot interne du quai, ne considèrent pas l’activité consulaire comme suffisamment noble. Une des difficultés c’est que l’AFE, qui est élue sur un clivage clair droite-gauche, n’a que très peu de débats politiques et que le pouvoir politique laisse à l’administration le soin de répondre à sa place.

J’ai essayé de formuler des propositions pour l’avenir du ministère des affaires étrangères dans un document (le ministère des affaires étrangères : pour un projet d’avenir) qui seraient celles qu’un gouvernement de gauche pourrait mettre en œuvre. Ces réunions me laissent un sentiment d’inachevé et d’un certain gâchis de bonne volonté et d’énergie. Il suffirait pourtant de peu de chose pour qu’il en soit autrement.

Ajouter un Commentaire