Ce n’est pas tous les jours que notre belle province et sa capitale Tours sont au centre de la vie politique française. Ce fut le cas samedi dernier lors d’un meeting d’Emmanuel Denis, candidat de la gauche à l’élection municipale et maire sortant de Tours. Plusieurs chefs de parti (Marine Tondelier d’Écologie les Verts, Olivier Faure du PS, Lucie Castets ex candidate de la NUPES au poste de Premier ministre, Clémentine Autain de l’Après (dissidents de LFI), François Ruffin de Debout (également dissident de LFI) étaient présents pour soutenir le candidat.
Un symbole unitaire dans la ville qui a connu la scission historique du nouveau Parti communiste en 1920, et celle, moins historique, de Jean-Luc Mélenchon qui y a annoncé en 2025 son refus de participer à une primaire de la gauche.
L’unité était pourtant le second et probablement le plus important objectif de ce rassemblement. Les susmentionnés ont annoncé leur volonté de tenir une primaire de la gauche pour désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2027. Objectif louable avec une date, le 11 octobre, et des modalités (500 parrainages de maires et un scrutin à un tour dans plus de 4 000 bureaux de vote). Les organisateurs espèrent que deux millions de votants se déplaceront. A priori, plutôt sympathique et capable de créer une dynamique pour la gauche social-démocrate.
Mais sans vouloir jouer les rabat-joie on peut exprimer quelques doutes sur la démarche. D’abord, elle regroupe de faibles troupes. Celles de Debout, D’après, de Castets sont très peu nombreuses et souvent dans des querelles byzantines. Le PS qui a des bataillons est divisé : une partie importante menée par Mayer Rossignol est hostile. Olivier Faure doit d’abord soumettre le principe de la primaire à un vote interne qui n’est pas gagné. Le PC, Place Publique (Glucksmann), LFI n’y sont pas. Enfin il y a un aspect “repeignage de façade” puisque les Verts, Autain et Ruffin ont voté la censure du gouvernement Lecornu et contre le budget – lequel était soutenu par le PS.
Alors y a- t – il une autre voie ? Par exemple, celle préconisée par François Hollande : constituer une fédération de la gauche européenne et social-démocrate regroupant les forces du PS, des radicaux, des Ecologistes à Glucksmann, Cazeneuve, Jadot ? Rêvons-y !