C’est ce que Trump prétend exiger de l’Iran. Comme d’habitude, il s’agit de rodomontades car il est peu probable que le régime iranien accepte de disparaître, et tout son appareil militaire avec lui, après une semaine de combats. De plus une capitulation est un acte purement militaire : c’est non seulement la cessation de tous les combats sur mer, dans les airs et sur terre, mais aussi la remise des armements à l’adversaire. Elle doit être suivie d’une seconde phase, la gestion civile du pays et son administration. Il faut donc une occupation complète du territoire.
On connaît trois exemples de capitulation générale sans conditions :
- la fin de la guerre de Sécession en 1865 imposée par le général Ulysses Grant
- la fin de la seconde guerre mondiale le 8 mai 1945, avec un acte signé par les Alliés à Reims, et un second signé le lendemain par les Russes à Berlin
- la fin de la guerre du Pacifique avec l’acte signé par le général Mac Arthur sur le croiseur Missouri (capitulation du Japon) en septembre 1945
Ce qu’il fallait faire pour mettre fin à la guerre contre l’Allemagne fit l’objet de longs débats : armistice, cessez-le-feu, traité de paix, accord séparé avec les Alliés et les Russes. La capitulation générale fut finalement choisie lors de la Conférence d’Anfa en janvier 1943, car aucun accord n’était envisageable avec Hitler. Staline craignait une paix séparée entre l’Allemagne et les Alliés qui aurait laissé la Russie seule. Les adversaires à cette solution considéraient que la capitulation générale contraignait le régime nazi à se battre jusqu’au dernier homme (ce qui fut la réalité), alors qu’un cessez-le -feu ou armistice permettait de mettre fin plus tôt aux hostilités. Quoiqu’il en fut, les révélations progressives sur la Shoah et les camps d’extermination mirent fin à toute spéculation en la matière. Pas tout à fait tout de même, puisque Himmler tenta de négocier un accord séparé avec les Alliés en avril 1945, tout comme Goering et même le successeur désigné d’Hitler, l’amiral Doenitz.
Pour l’Iran, on ne peut aucunement se fier à Trump qui n’a visiblement aucune stratégie et suit la réalité au jour le jour. Il est probable néanmoins qu’il souhaite une guerre courte, limitée dans le temps et qu’il ne soit pas très favorable à un engagement de troupes au sol.
Par contre celui qui mène la danse, Nétanyahou, lui, a un plan précis qui est d’étendre Israël de l’Egypte à l’Iran. Il est prêt à tout pour y parvenir. Sans doute a-t-il en tête de mettre en place un gouvernement iranien qui soit inféodé aux Etats-Unis et à Israël, mais la réalité iranienne est complexe. Les Gardiens de la Révolution alliés avec le clergé chiite et les différentes forces de répression politique, militaire et religieuses résisteront, car ils y perdraient tous leurs avantages et risqueraient aussi d’être jugés pour leurs nombreux crimes.
Cela laisse une petite chance à une négociation ou du moins à un accord entre les parties.