Je m’étais réjoui de la signature de l’accord de Bougival il y a quelques semaines ouvrant une perspective de paix civile en Nouvelle Calédonie, avec la reconnaissance d’un Etat associé à la France, une citoyenneté commune, et la possibilité de domaines de compétence régaliennes qui pourraient être progressivement transférés à la nouvelle entité. Signé par toutes les formations politiques de Nouvelle Calédonie, l’accord permettait de sortir du chaos et de la ruine créés par les émeutes de 2024.
Patatras, voilà qu’une de ces formations, le FLNKS, désavoue ses négociateurs et refuse de ratifier l’accord. Notons que toutes les autres formations, et elles sont nombreuses (Loyalistes, Rassemblement, Calédonie ensemble, Eveil océanien, parti libéral kanak, union progressiste en Mélanésie) soutiennent l’accord. Le FLNKS demande purement et simplement de repartir d’une “ page blanche” et d’écrire un nouvel accord.
Alors que faire ? L’affaire ne se présente pas bien car le principal achoppement provient de la demande du FLNKS d’accéder à la pleine souveraineté c’est à dire en fait à l’indépendance, ce que Paris ni les autres partis kanaks ne peuvent accepter. Ajoutons que cela fait “ beaucoup de bruit pour rien” comme dit Shakespeare, pour un petit territoire de 260 000 habitants, pas très riche. De plus, une modification de la Constitution sera nécessaire car on ne voit pas le parlement français voter dans de telles conditions.
Blocage complet ou retour à Bougival ?