Amélie de Montchalin vient d’être nommée Première présidente de la Cour des Comptes. A 40 ans c’est la plus jeune à accéder à cette fonction, une des plus élevées de l’Etat. C’est en outre la première femme. Elle a déjà beaucoup d’expérience, ayant été secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ministre de la Fonction publique et de la transition écologique. Je rappelle que la Cour des Comptes juge les comptes de l’Etat, des collectivités locales et des entreprises publiques ; qu’elle donne quitus de leur gestion aux comptables publics, et qu’elle procède à de nombreuses études sur toutes les politiques publiques – études considérées comme de haute qualité. Ses membres sont des magistrats et ne peuvent être révoqués.
La nomination d’Amélie de Montchalin est un progrès, même si les grincheux considèrent qu’elle ne pourra juger les résultats des politiques qu’elle aura décidées en tant que ministre des Comptes. L’objection est saugrenue puisque ce n’est pas le Président de la Cour des Comptes qui procède à ces évaluations, mais bien des formations collectives de juges indépendants. On lui reproche sa proximité avec le Président de la République. C’est une idée curieuse que celui-ci nomme à la tête de la Cour un adversaire de ses politiques… Si on regarde la liste des présidents passés, on y trouvera de nombreux anciens ministres.
Voilà donc un pas de plus dans la voie de la féminisation de la haute fonction publique, et dans la préférence donnée à des “jeunes”. Réjouissons-nous !