Question difficile à la fois par les aspects moraux et éthiques : peut-on aider une personne à mourir ? et dans ses modalités : à quel moment ce droit peut-il s’appliquer, par qui, quel rôle pour la famille ?
Un projet de loi déposé par le député Olivier Forlani, voté par l’Assemblée Nationale, est arrivé cette semaine devant le Sénat. A la surprise générale l’article le plus important, l’article 4, a été rejeté par 144 voix contre 123 sur intervention forte de Bruno Retailleau. Bien sûr Retailleau incarne les valeurs de la droite la plus extrême – pour ne pas dire de l’extrême-droite. Il a su torpiller cet article qui permettait à un malade de décider de mettre fin à ses souffrances. Il a invoqué comme arguments “ le risque d’une trop longue liberté pour le suicide” et le risque d’abus (de la part de qui ?). Les catholiques aussi ont dû donner de la voix. Malheureusement, Retailleau n’a pas été le seul : la plus grande partie du groupe socialiste a également voté contre, pour des raisons inverses : le texte ne va pas assez loin.
Que va-t-il se passer maintenant ? Le (mauvais) texte du Sénat va retourner à l’Assemblée qui va rétablir sa version originelle (espérons) ; le Sénat le rejettera à nouveau. Une commission mixte paritaire ne pourra se mettre d’accord et finalement c’est l’Assemblée qui aura le dernier mot (ouf !).