Lundi 9 mars la commission “libertés civiles” du Parlement européen a approuvé le règlement “retour” relatif aux expulsions de migrants. Ce texte s’ajoute au Pacte sur la migration et l’asile déjà approuvé. Il durcit fortement les conditions d’expulsion (en France : obligation de quitter le territoire) et prévoit la possibilité d’envoyer les migrants vers des “plateformes de retour”, c’est à dire des centres de rétention situés dans les pays hors de l’Union européenne avec lesquels celle-ci aurait signé des accords. Ainsi un Algérien visé par une OQTF pourrait se voir renvoyé au Zimbabwe ou en Australie L’Italie a déjà un tel accord avec l’Albanie. Le Royaume-Uni avait essayé de monter un tel système avec des pays africains, mais la procédure avait été annulée par la Justice. Ne mentionnons pas les Etats-Unis ne se privent pas de cette mécanique, sans accord et dans la violence.
Cette politique n’est pas à la gloire de l’Union européenne qui se veut humaniste et respectueuse des droits de l’homme. Elle montre que la pensée néo-raciste, celle de Trump et d’une partie de l’opinion américaine progresse en Europe, à notre grande honte. Le rapprochement des droites et des extrêmes-droites au Parlement européen est inquiétant et l’on voit des sales cocos, comme Bellamy pour la droite traditionnelle, et les groupes d’extrême-droite comme le Rassemblement National se féliciter de ce vote.
Bien sûr le vote de la commission “libertés civiles” ne vaut pas approbation définitive : le Parlement européen doit voter en plénière, il faudra ensuite négocier les modalités de sa mise en oeuvre avec les Etats membres.
Profitons de ce délai pour faire reculer la droite au Parlement européen.