23 mai 2026

l’Europe sans tête ni fête

         C’est un vrai désastre que traverse l’Europe. Il n’y a plus de gouvernements solides, de lignes directrices, de volonté d’aboutir. Un rapide tour d’horizon des grands pays suffit à s’en convaincre. L’Allemagne du chancelier Merz est en panne économique alors qu’elle était le moteur de la croissance européenne ; le chancelier lui-même est considéré comme incompétent. Le Royaume-Uni de Keir Starmer est en perdition et le premier ministre risque d’être éliminé sous peu. Ils en sont à envisager de demander leur réadmission dans l’Union européenne. La France vit avec un Président qui n’a plus l’oreille de son pays et un parlement divisé en 4 ou 5, sans compter une dette colossale et une économie qui n’est guère florissante. L’Espagne, jusque-là préservée, voit son Premier ministre accusé de concussion. Le gouvernement italien est en conflit avec son Parlement (voir le rejet – justifié- du dernier référendum sur la justice). Heureusement quelques lueurs d’espoir brillent du côté de la Hongrie et de la Pologne !

Voilà la triste réalité d’autant que le l’autre côté de l’Atlantique nous avons à faire à un individu ignare, méchant, corrompu qui veut la fin de l’Europe et qui, nationaliste et populiste, promeut l’idéologie d’extrême-droite non seulement dans son pays mais aussi à travers le monde, malheureusement avec un certain succès. Allié avec Poutine, tsar d’un pays en difficultés économiques, sans progrès ni avenir ou plutôt celui de se faire battre par l’Ukraine. Pour complaire à son modèle, Trump s’est du reste retiré de l’aide et de la collaboration avec l’Ukraine.  Le seul pays qui reste debout et qui a fait courber l’échine de Trump, c’est la Chine. Comme quoi, il n’y a rien de mieux que le communisme avec l’économie de marché.  L’Europe n’a cessé de baiser la babouche du crétin à la casquette rouge et n’a rien obtenu sinon quelques insultes de plus.

On s’étonne ensuite des progrès de l’extrême-droite dans la plupart de nos pays : le pire est encore à venir. Telles qu’elles sont engagées, les élections présidentielles françaises de 2027 vont donner un/e Président/e d’extrême-droite. Que ferons-nous alors ? Emigrer en Suisse, créer un maquis au Bois de Boulogne, rester au fond de nos maisons troglodytes ? Rien de tout cela ! Nous protesterons et défilerons jusqu’au moment où nous serons rassemblés au stade de France.

Quel avenir pour nous dans ce marasme ? Devant le danger qui nous menace, je pense à l’idée de Winston Churchill, proposée à Paul Reynaud début juin 1940 : la fusion entre la France et la Grande -Bretagne. L’idée était d’empêcher la France de demander l’armistice à l’Allemagne et de garder sa flotte entre des mains amies. Ce projet ambitieux ne put aboutir   à cause de Pétain et de la pusillanimité de Paul Reynaud. 

Mais cette fois-ci il s’agirait de la fusion de l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne. Je sais que cela paraît utopique. Il nous faudrait jeter les bases d’un Etat fédéral comme les Etats-Unis de 1776. La monnaie, le commerce, la diplomatie, la défense seraient communes. Tout le reste pourrait être soit fédéralisé soit propre à chaque pays. La Fédération serait ouverte à ceux qui voudraient y adhérer ; sinon ils pourraient y être” associés”. L’affaire est suffisamment complexe pour que je ne la développe pas plus, mais la soumettre à vos réflexions.

Un peu d’audace que diable !

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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