Les dés sont maintenant jetés : la ratification du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) aura bien lieu mi -janvier. Le Parlement européen le votera ensuite.
La France a tout tenté pour s’y opposer. Mais avec une tactique incompréhensible (tantôt pour, tantôt contre), des alliés peu fiables (Italie), elle se trouve isolée. Ne lui restent comme amis que la Tchéquie, la Hongrie, la Pologne…c’est-à-dire pas grand chose. Tous les autres pays de l’Union ont compris l’intérêt qu’il y avait en rejoindre un marché commun de 750 millions d’habitants au moment où le marché des Etats-Unis se ferme et où nous devons résister aux puissantes exportations chinoises qui cherchent de nouveaux débouchés. Bien sûr, le grand gagnant c’est l’Allemagne avec ses automobiles, sa chimie, Mais cela est vrai aussi pour l’Italie, l’Espagne, Les Pays-Bas et plusieurs pays nordiques.
En France, c’est le soi-disant syndicat agricole (en fait une officine d’extrême-droite) qui mène la danse avec ses blocages de route, ses attaques de préfectures, ses ronds-points style “gilets jaunes”. En réalité il s’agit de mettre au défi le gouvernement Lecornu et le Président Macron. Et de créer les conditions d’une nouvelle dissolution, qui verrait la victoire du Rassemblement national. Tout cela certainement organisé, encouragé, financé par Poutine et, on n’ose le dire, son allié Trump.
L’argument essentiel des opposants est le risque pour certaines parties de l’agriculture française. Notons au passage que si elle se porte mal, la responsabilité en est d’abord aux agriculteurs eux-mêmes qui ont mis en place un système de cogestion “gouvernement-FNSEA”, soutenu par les dizaines de milliards d’euros du budget européen et français. Toujours la main tendue, les subventions à tout va, et peu de gains de productivité.
Par ailleurs les clauses de sauvegarde et les clauses -miroir (baisse des prix ou augmentation des exportations du Mercosur) protègent les agriculteurs français. Pour exporter leurs produits laitiers, les fromages, les vins et spiritueux, tout comme le secteur industriel, Ils pourront profiter de l’ouverture des marchés nationaux des pays du Mercosur. De plus, les exportations de produits miniers, en particulier de métaux rares et de cuivre, seront exonérées de droits de douane.
Vieux pays, replié sur lui-même, conservateur, travaillé par une idéologie rétrograde et par l’extrême-droite, la France n’arrive pas à voir la mort de l’Ancien monde et la naissance du Nouveau Monde qui, comme l’écrit Gramsci, tarde à venir. Aidons-la à comprendre ce qui se passe sous ses yeux.