Les “rebelles” houthis au Yémen menacent de fermer le détroit de Bab El Mandeb ( la porte des lamentations), la sortie sud de la Mer Rouge. On se demande comment une horde de va nu pieds armés de quelques kalachnikovs et de chameaux catarrheux peut ainsi dicter sa volonté au monde entier et en particulier à l’Arabie saoudite… Très riche, elle s’est équipée depuis des années des armements aériens, navals et terrestres le plus sophistiqués. Pourtant ils sont à la peine contre le Yémen.
Une des raisons en est que les Saoudiens, de grands combattants à l’époque des rezzous à chameau sous Fayçal et Lawrence d’Arabie, ne le sont plus aujourd’hui. Piloter un Rafale n’est la même chose qu’une attaque contre Aqaba. L’autre est certainement que ce sont les Iraniens qui se battent sur la côte ouest du Yémen (Hodeida, Moka) et qu’ils y ont importé leurs drones et missiles. Les Houthis disent qu’ils ne visent que les navires saoudiens. On n’est pas obligés de les croire.
Les Saoudiens disposent d’un pipe-line qui traverse leur pays, de la côte est où se trouve le pétrole, vers le port de Yanbu au nord-ouest de la Mer Rouge. Ils peuvent donc continuer à exporter vers l’Europe et les Etats-Unis quoiqu’en quantité insuffisante. En bloquant le détroit d’Ormuz et celui de Bab el Mandeb les Iraniens montrent que la géographie commande à l’Histoire. Même si la France (et d’autres pays) a une base importante à Djibouti, c’est à dire juste en face, nous ne pourrons pas faire grand chose.
Il n’y aura pas de solution militaire ou navale, seulement une paix négociée.
Mais allez faire comprendre cela au simplet de la Maison Blanche.