Montaigne, parlant de son ami La Boétie, disait : “ parce que c’était lui parce que c’était moi”. Citons aussi l’amitié entre Achille et Patrocle. L’amitié est pour moi la plus belle des valeurs que l’être humain puisse ressentir. Je regrette qu’elle ne figure pas dans notre devise nationale. Elle ne se décide pas, on la ressent ; un peu comme l’amour mais contrairement à celui-ci elle n’abolit pas les capacités intellectuelles et morales. L’amitié ne saurait accepter ni haine, ni guerre. Elle est pure.
Or voilà qu’une députée, Madame Guetté (LFI) propose à la représentation nationale de mettre l’amitié dans un cadre législatif. Il y aurait désormais une loi pour régler les relations d’amitié que nous pouvons avoir. Deux observations :
Tout d’abord, la proposition ne peut que prêter à rire. Comme d’habitude chez LFI elle n’a aucune intention d’aboutir mais seulement de faire bavarder autour de Madame Guetté. Ensuite on s’étonne de ce thème, puisque, tout le monde le remarque, la stratégie de LFI est construite sur l’affrontement, l’insulte, la violence. Voyez le député de Marseille (Doglu) qui insulte et barre le passage à des policiers venus arrêter un malfaiteur dans son immeuble, voyez Rima Hassan qui ne cesse de multiplier les déclarations antisémites, voyez Mélenchon : “ je suis le bruit et la fureur”. Il faut maintenant dans la perspective de l’élection de 2027 que le loup devienne un agneau, chez LFI comme l’a fait Marine Le Pen pour son parti d’extrême droite. Et puisque l’on mentionne Mélenchon rappelons sa dernière proposition d’effacer d’un coup de plume (lui il dit “brûler”) la dette française de la Banque centrale européenne. Il y a tellement d’arguments contre cette dangereuse ineptie que le seul que je retienne ici est qu’il s’agit d’une façon déguisée – à peine – de sortir de l’Union européenne. C’est vraiment ce que Mélenchon, antieuropéen de toujours, veut faire, mais comme il sent que cela cristallise l’opposition, il avance masqué. Mais assez parlé de LFI pour lequel je n’ai guère d’amitié, vous l’avez compris.
J’ai de l’estime pour Raphaël Glucksmann, social-démocrate et très européen, donc selon mon goût. J’ai seulement peur qu’il ne soit un peu “tendre”, incapable de résister à ce combat terrible qu’est la politique, où tous les coups sont permis. Un peu comme Rocard en face de Mitterrand.
Reste alors François Hollande, homme d’expérience et combatif, dont il est devenu “tendance “ de moquer le bilan (comme celui de Macron), bilan mitigé mais qui comprend de belles réussites en matière européenne, dans la lutte contre le terrorisme et dans les questions africaines. Il a aussi un bilan positif dans le domaine économique sauf pour l’emploi, de même sur certaines questions de société comme le mariage pour tous, la transparence de la vie publique, le non cumul de mandats. Restent des erreurs, certaines graves, comme le Pacte de responsabilité, la déchéance de nationalité : dont acte.
Affaire à suivre comme ils disent à la télévision.