Deux livres que je viens de lire ces derniers jours : l’un d’une grande tromperie, sans doute involontaire, l’autre une vraie merveille sur le fond et dans son style.
Eric-Emmanuel Schmitt (quel prénom !) s’est emparé du nom de Mozart et nous a attirés dans un guet-apens. Il a voulu nous retracer l’histoire mouvementée des relations entre Mozart père (Léopold) et Mozart fils (Wolfgang). C’était sûrement un exercice périlleux tant leurs vies et leurs – parfois- difficiles relations sont connues. Mais l’auteur pouvait nous donner à voir certains aspects inconnus ou des facettes nouvelles, comme Marcel Proust a su le faire des choses banales de la vie : boire un thé, prendre le train, regarder une cathédrale…Au lieu de cela, nous avons un pâté de banalités lourd à digérer et sans intérêt, voire même avec des erreurs comme la genèse de la Flûte enchantée. On est triste de voir les deux Mozart sombrer dans cette soupe à la grimace…Mais ils s’en remettront, certainement mieux qu’Eric-Emmanuel Schmitt.
Le petit livre de Wassily Kandinsky “ les marches” (chez Verdier) est tout à fait à l’opposé : léger, plein d’humour, vif, il explique comment l’auteur en est venu à la peinture après avoir essayé le droit, l’économie, la musique …Il fait la synthèse de l’importance des couleurs et comment le sujet (l’art figuratif) a progressivement été remplacé par l’Idée (l’art abstrait). Allez vite acheter ce formidable livre qui vous ouvrira – à moins que ce ne soit déjà fait – les clés de l’art nouveau tel que le Cavalier Bleu (der Blaue Reiter) au début du XXème siècle, art que Kandinsky, Franz Marc et tant d’autres inventèrent.