15 juillet 2024

cela n’a pas été long…

     Le milliardaire Rodolphe Saadé vient d’acheter le journal “ La Provence”, important quotidien de Marseille et de sa région. Le 19 mars, il déclarait devant le comité d’entreprise “qu’il n’y aurait aucune intervention” de sa part dans le domaine éditorial. Le 23 mars pourtant, le directeur de la rédaction, Aurélien Viens, était convoqué pour entretien préalable à licenciement. Pourquoi ? Parce que la première page du journal de la veille titrait sur une citation d’un habitant de la Castellane, faisant suite à la visite d’Emmanuel Macron : “ il est parti et nous on est toujours là”. Certes, pas très amical pour un Président qui venait de passer trois heures dans ce quartier rongé par la drogue. Cela pouvait donner l’impression que le journal se rangeait du côté des dealers. Il s’en suivit une grève générale de la rédaction, la non parution du journal et une motion de défiance à l’encontre des propriétaires.

Mais un journal doit pouvoir dire ce qu’il veut. Ses journalistes ne doivent pas être censurés par le propriétaire du journal sous prétexte qu’il est “proche” de Macron. 

En réalité, quand un milliardaire achète un organe de presse, que ce soit un journal ou une chaîne de télévision, c’est évidemment qu’il veut en user pour faire passer ses idées, et il aura beaucoup de mal à ne pas faire joujou avec son beau jouet : regardez Bolloré, Dassault.

 Pourtant être le roi des containers et des cargos ne vous conduit pas nécessairement à être un bon patron de presse. Il est préférable qu’ils aillent investir leurs milliards dans l’achat d’oeuvres d’art : c’est moins risqué.

© CC-A 4.0

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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