Je doute que l’ineffable et inculte Trump ait jamais lu Musset ni même en ait entendu parler. Pourtant il aurait trouvé profit dans la pièce “ il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée” qui montre que l’indécision, l’hésitation sont la pire des choses. Ainsi par ses décisions erratiques et stupides Trump a non seulement permis à l’Iran de lui tenir la dragée haute et de ridiculiser l’armée américaine, censée être la plus puissante du monde, mais aussi, et ici on retrouve Musset, à fermer les deux portes d’entrée au Golfe : le détroit d’Ormuz et Bab el Mandeb (“la porte des larmes”).
Il est difficile de comprendre comment une bande de va nu pieds comme les Houthis du Sud Yémen peuvent contrôler et fermer Bab el Mandeb, sauf à y voir l’intervention militaire directe de l’Iran, sans doute soutenu par la Chine et la Russie (je n’ose pas ajouter les Etats-Unis mais avec Trump tout est possible). Le gouvernement supposé légitime du Yémen, fortement soutenu par l’Arabie saoudite, a été balayé par les Houthis qui contrôlent désormais toute la bande côtière sur la Mer Rouge. Plus difficile encore, comment l’Arabie saoudite, riche de son pétrole, qui a dépensé depuis des années des sommes astronomiques en armement de tout genre, peut-elle se faire humilier tant par l’Iran que par les Houthis ? Au 19ème siècle les Saoudiens étaient de fiers guerriers (voir Lawrence). Aujourd’hui ils ne peuvent même pas défendre leurs ports et leurs pipelines.
Enfin, cerise sur le gâteau, dans leur déconfiture ils se sont tournés vers les Etats-Unis pour demander leur aide militaire. La réponse de l’idiot à la casquette rouge a été non, en expliquant que les Houthis “préfèreraient de loin que nous ne en mêlions pas “ ! On croit rêver.
Grâce à cette politique de gribouille nous voilà dans une situation inextricable dont le résultat est en tout cas un prix de l’énergie très pénalisant pour toutes les économies, qu’elles soient asiatiques, indiennes, européennes et américaines. Bravo Trump !
Lui-même grâce aux ressources propres de son pays puis en mettant la main sur les énormes réserves vénézuéliennes se tient en dehors du marché mondial.
Comment s’en sortir maintenant ? Un accord politique avec l’Iran est nécessaire qui organiserait le passage des pétroliers et des méthaniers dans le Détroit d’Ormuz et dans celui de Bab El Mandeb selon les règles du droit international et sous contrôle des Nations-Unies. Nous pourrions, pour ajouter un peu de piment, instaurer un contrôle sur le Détroit de Gibraltar et sur celui du Pas-de-Calais, voir fermer la mer Baltique. Mais pour cela il faudrait des gouvernements européens courageux et décidés, ce qui est loin d’être le cas. Pauvres de nous !