21 septembre 2026

No speak french !

L’Algérie vient de décider de placer l’anglais comme première langue vivante dans le primaire algérien. C’est bien sûr une mesure visant la France, une de plus.

On retrouve là la duplicité habituelle des dirigeants algériens dont Tebboune, leur Président. En apparence de bonnes paroles sont prononcées envers la France et sur la nécessité de rapprocher les deux pays. On reçoit le ministre français de l’Intérieur et une visite d’Etat est prévue. En réalité, selon l’évolution des rapports de force au sein de la hiérarchie militaire et de celle du FLN, les pro français peuvent l’emporter sur la tendance “dure”. Une des causes de ces relations en montagnes russes tient sans doute aux luttes autour de la répartition de la rente pétrolière.  Pour justifier ces virements, on revient à la guerre d’indépendance, aux critiques permanentes contre la France, à la question du Sahara ex espagnol, à la politique des visas. Depuis le durcissement des relations naître le Maroc et l’Algérie s’y ajoute “l’amitié “ avec les Etats-Unis et bien sûr, la reconnaissance d’Israël.  Et nous, bonne pâte, mauvaise conscience aussi, nous sommes toujours prêts à concéder telle ou telle concession.

Ce dernier coup de poignard est d’une grande gravité et d’une grande hostilité puisqu’il vise les liens profonds, culturels, historiques entre nos deux pays. Il est de plus inutile et se révélera inefficace car tous les exemples passés ont montré qu’un tel changement ne peut se faire que sur une génération au moins, qu’il doit être préparé longtemps à l’avance, en particulier pour la formation des maîtres.

Pendant qu’ils y étaient tous ces généraux chamarrés et planqués (ils rappellent Vichy) auraient pu demander que ce soit l’ottoman ou le turc qui soit enseigné, puisque telle était leur langue avant 1831…

C’est un gâchis sans nom qui sera très coûteux à ce pays déjà tellement en difficulté à tous points de vue, et qui devrait être pour nous et pour l’Europe un allié, un ami. Cela, il nous faut le leur faire comprendre par une politique beaucoup plus ferme dans tous les domaines même si nous avons besoin de leur gaz, surtout en cette période difficile.

©CC BY-SA 3.0

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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