Le nouveau règlement que l’Europe vient d’adopter visant l’expulsion des sans-papiers est inacceptable. Les trois instances européennes (le Parlement, la Commission et le Conseil) ont prévu un durcissement des règles pour les sans -papiers : plateformes de retour de départ, saisie des documents d’identité, allongement à deux ans de la durée de rétention. Les plateformes de retour pour les immigrés illégaux qui refusent le retour chez eux ont déjà été utilisées par les Etats-Unis au Rwanda et en Ouganda, par le Royaume-Uni au Rwanda, par l’Italie en Albanie. Ces pays cherchent ainsi à gagner de la menue monnaie en servant les pays européens, mais en foulant au pied les principes élémentaires du droit humanitaire. Mais qu’adviendra-t-il d’un Syrien ou d’un Bengalais renvoyé en Ouganda ? Il ne pourra y refaire sa vie et cherchera à fuir le pays dès que possible – à juste titre. Tout ceci marque malheureusement le progrès des idées d’extrême-droite suivies par la droite au niveau européen.
Certes l’Europe doit se protéger et faire alliance sur les questions de droit d’asile et d’immigration. Mais chacun sait que les vraies solutions sont la négociation avec les pays d’origine, l’encouragement au développement et des accords diplomatiques.
La France a refusé ce règlement en le considérant inefficace.