Le 12 juillet Emmanuel Macron a inauguré devant la Cour de Cassation l’installation de la statue du capitaine Dreyfus par Tim. Lieu symbolique fort, puisque ce fut cette même Cour qui prononça il y a 120 ans la réhabilitation du capitaine. Cette très belle statue représente le capitaine debout portant une épée brisée. C’est l’humiliation suprême qui lui fut infligée dans la cour de l’École militaire après sa condamnation pour trahison. Chacun sait aujourd’hui que cette accusation de trahison et de complicité avec l’Allemagne a été fabriquée par l’état-major et couverte par le ministre de la Guerre, le général Mercier. La principale pièce à conviction, le fameux “bordereau”, était un faux fabriqué par Esterhazy. Cette besogne immonde fut le fruit du climat d’antisémitisme virulent et violent de la fin du 19ieme siècle.
On espérait qu’il s’éteindrait après la seconde guerre mondiale. Malheureusement force est de constater qu’il perdure sous la forme de deux antisémitismes que l’on appelle “l’ancien et le nouveau”. L’ancien est celui des “vieux” catholiques, des Drumont, Barrès, Laval qui voient dans les juifs les maîtres de l’argent, cherchant à accaparer le pouvoir et détruire le christianisme. Le nouveau que l’on trouve plutôt à l’extrême gauche se pare de l’antisionisme, et sous prétexte de soutien au peuple palestinien souhaite voir disparaitre l’Etat d’Israël et par voie d’assimilation poursuit les juifs de sa haine.
Emmanuel Macron poursuit son œuvre de mémoire et de lutte contre tout racisme par cet hommage au capitaine Dreyfus et à tous ceux et celles qui menèrent le combat dès 1894 pour que la vérité éclate. Hommage aux Bernard Lazare, Zola, Péguy et tant d’autres. Rappelons les beaux passages que Marcel Proust consacra à l’Affaire dans sa Recherche du Temps perdu. Il est bon de souligner que les antisémites sont les ennemis de notre République, surtout à un moment où les partis qui prônent le racisme et l’antisémitisme se rapprochent dangereusement du pouvoir.
Agissons vite avant qu’il ne soit trop tard.
L’Assemblée nationale a élevé le capitaine Dreyfus au rang de général, réparant ainsi une autre injustice qui lui avait été faite. Il reste un dernier pas à accomplir : l’entrée d’Alfred Dreyfus au Panthéon, non pas parce qu’il fut victime mais parce qu’il défendit les plus hautes valeurs de la République, qu’il eut toujours foi dans la justice malgré les affronts inouïs qui lui furent infligés, et montra un courage formidable durant toutes ses années de bagne et de réhabilitation.