30 novembre 2022

Adieu Quincy !

Non il ne s’agit pas du vin blanc sec produit dans le Cher, mais du croiseur américain sur lequel le Président Roosevelt et le roi Ibn Saoud signèrent le 12 février 1945 un accord connu sous le nom de  » pétrole contre sécurité”. Contre un accès illimité aux ressources pétrolières saoudiennes, les Etats-Unis garantissaient la sécurité du Royaume wahhabite et surtout de la famille Al Saoud sur le trône.

Cet accord a fonctionné pendant près de 75 ans, permettant à la famille Al Saoud de diffuser sa doctrine religieuse et de pérenniser une dictature morale et politique, tandis que l’Occident détournait pudiquement les yeux.

Il y eut bien sûr quelques accrocs, comme l’enlèvement du journaliste Khashoggi et son exécution, comme la prise de contrôle complète du pouvoir du prince MBS. Mais ce qui a vraiment mis fin à l’accord c’est le soutien de l’Arabie à la décision de l’OPEP de réduire sa production pétrolière, sur la proposition de la Russie. A un moment où, à cause de l’invasion russe de l’Ukraine, les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé de ne plus acheter de gaz et de pétrole russes, et cherchent donc de l’énergie à un prix raisonnable.

Le soutien de l’Arabie est comme une gifle et un alignement sur Moscou, même si, curieusement, l’Arabie a voté la résolution des Nations Unies condamnant l’invasion de l’Ukraine par Poutine.

C’est la fin d’une relation privilégiée entre Washington et Riyad. Il est difficile d’en mesurer les conséquences car l’affaire ne remonte qu’à la semaine dernière. Elles seront certainement significatives dans le domaine de l’armement (tout l’armement saoudien est américain à peu de choses près), militaire, diplomatique –  quid du conflit avec l’Iran, quid du Golfe persique ?

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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