29 mai 2024

larvatus prodeo

“J’avance masqué” disait le jeune Descartes. C’est bien ce que fait cette extrême-droite française dans sa campagne pour les élections européennes de 2024.

En 1998, Marine Le Pen avait mené une ligne d’opposition frontale à l’Europe. Cela lui avait été fatal. Cette fois-ci, c’est la stratégie du petit chaperon rouge : on sourit à l’Europe, pas de menaces directes mais le grand méchant loup déguisé sous son édredon. On parle de projets communs : c’est le petit pot de confiture. Puis de réserver Schengen aux seuls citoyens communautaires, d’assurer la priorité à la Constitution française sur le droit et les normes européens, de renforcer le droit de veto des Etats membres, de remplacer le marché unique par la priorité nationale : cela ce sont les dents de la grand-mère devenue loup.

Il semblerait que le Brexit n’ait pas servi de leçon et que le détricotage de l’Union soit l’objectif, sans parler de Frexit. Bien sûr, pas un mot sur les modalités. On peut imaginer ce que pourraient bien penser nos 25 partenaires de l’Union, sans parler des négociations pour sortir de l’ensemble des traités. Et pourtant, les sondages qui placent en tête cette liste de branquignols montrent que ces arguments portent dans l’opinion publique française : difficile de comprendre !

Marion Le Pen donne moins dans le déguisement. Elle propose la suppression de la Commission européenne et de la Cour européenne des droits de l’Homme, la fin de la libre circulation des hommes et des produits dans le marché unique, un blocus naval en Méditerranée et autres sottises du même acabit. Personne ne peut accorder de crédit aux Zemmour, Gnafo et autres. Mais là encore il semble que 6% des Français sondés les soutiennent. Avec 30 et 6% plus quelques listes minoritaires, voilà 40% de l’opinion française qui défend des positions ultra conservatrices, réactionnaires, racistes, xénophobes. 

Que faire ? Je me répète à longueur de blog : il nous faut renforcer les institutions européennes, restreindre le droit de veto, développer les politiques communes à commencer par la défense, bref l’essentiel du second discours de La Sorbonne de Macron  ou les propositions de Glucksmann qui sera mon candidat le 9 juin prochain.

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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