29 mai 2024

Le conflit Hamas-Israël : les nécessaires réformes de l’Europe et de l’ONU

Quelques réflexions pour la nouvelle année 2024.

Le conflit Hamas-Israël va durer. Tsahal n’arrivera pas à détruire complètement le Hamas, et de nouveaux terroristes se lèveront à Gaza. Les pays arabes et surtout leurs opinions publiques seront de plus en plus contre Israël ainsi que dans la plupart des pays du monde.  Israël sera ostracisé et considéré comme responsable de la mort de milliers de civils palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, même si ce sont les attentats du 7 octobre et le fait de garder des centaines d’otages juifs qui ont créé la situation actuelle. Netanyahou va chercher à faire durer ce massacre le plus longtemps possible pour montrer sa volonté de défendre le pays et parce que cela représente un parapluie politique pour lui. Ce qu’on peut craindre, c’est l’élection de Donald Trump en 2024. Il soutiendra Netanyahou et Israël et laissera tomber l’Ukraine car, au fond, il admire Poutine et voudrait lui ressembler.

Que faire ? Certainement l’Europe unie devrait développer un vaste programme d’armement pour l’Ukraine financé par un grand emprunt. Une nouvelle Autorité palestinienne devrait être mise en place qui remplace les vieux corrompus et inefficaces de Mahmoud Abbas, dans laquelle les jeunes palestiniens puissent se reconnaître. Une alliance avec les pays du Golf, l’Egypte, l’Union Européenne et les Etats-Unis (hors Trump) lui permettrait de jouer un rôle important et de contrer l’Iran.

Mais pour que tout ceci soit possible, trois conditions sont nécessaires :

Il faut sauvegarder l’OTAN qui reste le seul système de défense efficace de l’Europe, et il faudra résister à Trump qui voudra sans doute la quitter.

Une réforme de la gouvernance de l’Union Européenne en supprimant la règle de l’unanimité, en assumant l’élargissement à l’Ukraine et aux pays balkans. De même chaque pays de l’Union doit lutter contre la montée de l’extrême-droite sous toutes ses formes, en particulier avec l’opposition croissante à la lutte contre le dérèglement climatique, contre l’immigration, contre les institutions européennes accusées de limiter la souveraineté nationale de chacun (voir le Brexit).  Quelque chose comme l’Acte unique et le Traité de Maastricht que porta si courageusement Jacques Delors qui vient de nous quitter.

Mais cela ne suffira pas. Une réforme des grandes institutions des Nations Unies est nécessaire, à commencer par le Conseil de Sécurité qui doit s’ouvrir aux grands pays émergents. Il devrait en être de même pour le FMI et la Banque mondiale, qui doivent être plus impliquées dans le financement des difficultés des pays du Sud. Ainsi mis en responsabilité, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Indonésie, le Brésil et d’autres contribueront à établir un nouvel ordre mondial plus juste et respecté.

 L’Europe et la France pourraient prendre des initiatives en la matière.

Richard Yung

Richard Yung, Sénateur des Français de l'étranger de 2004 à 2021, partage ici ses réactions à l'actualité.

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